L’histoire de la maison Fayet

C’est en 1909 qu’est fondée l’entreprise Fayet-Rousseau. Installée d’abord à Thiers (rue Chateldon et avenue des Etats-unis), elle est spécialisée dans les poignées et manches pour parapluies, ombrelles et cannes à main ", tournées ou sculptées, en corne ou en galalithe. Le rachat de sol-Guérin en 1927, ajoute à sa production le courbage de la canne. Pendant près d’une dizaine d’années, les deux usines fonctionnent simultanément, le siège social restant à Thiers.

poignees courbes

A Mignot, Fayet-Rousseau maîtrise la fabrication de la canne, de la bille de bois au produit final.

MignotL’approvisionnement en matière première se fait par l’intermédiaire de marchands et de grossistes, la maison Charles (au havre) pour les bois exotiques et les marchands de l’Allier pour le charme et le hêtre. Le bois est stocké, mis à sécher et débité par les scieurs (scie à ruban et scie circulaire). L’une des spécialités est le modèle dit " injecté ", technique héritée de la maison Sol-Guérin. L’injection a lieu deux fois par an. Les carrelets de bois (charme essentiellement) sont imprégnés de teinture d’aniline sous pression dans une sorte de grosse cocotte (dimension : h :120 cm, d : 40 cm). Ce qui a pour effet de durcir et de protéger le bois " à cœur ". Ce type de modèles se vend de préférence en Grande-Bretagne, en Amérique du Nord et en Hollande.

Chaque ouvrier a sa spécialité. Le registre d’embauche nous livre le métier de chacun et chacune : scieur, râpeur, courbeur, ponceur, vernisseur, cacheur, façonneur, toupilleur, graveur… On note une forte proportion de personnel féminin qui, de manière constante, représente 1/3 du personnel.

En 1936-1937, les deux associés Fayet et Rousseau se séparent. Rousseau garde Thiers et devient directeur de " Bois plasticorne ", Fayet reste à Mignot. L’entreprise devient Fayet-Boyer, c’est une association familiale.

Les années d’Avant-Guerre sonnent le glas de la canne inadaptée au rythme de la vie moderne. L’essentiel de la production se recentre désormais sur la poignée de parapluie en bois courbé, en relation avec certains fabricants d’Aurillac qui sont les principaux clients de l’entreprise (catalogue commun avec la Maison Déjoux et Fénies). Sans pour autant oublier la canne puisqu’elle livre encore pour Manufrance près de 4 à 500 cannes par an.

A partir de 1964, le parapluie (et notamment celui d’Aurillac) connaissant une crise, l’entreprise devient « Ets Fayet Roger »  dirigée par lui-même, réoriente sa production sur la canne exclusivement. Le fabricant sillonne la France pour vendre ses modèles et au fil de ses voyages, acquiert des cannes anciennes, insolites, précieuses, mais toutes différentes. Elles sont aujourd’hui source d’inspiration pour son fils.

La période de prospérité se situe incontestablement dans les années cinquante. Entre 1950-1956, quarante-trois personnes sont embauchées. L’entreprise quitte alors Mignot pour s’intaller à Pont-de-Dore (emplacement de l’usine Pinay Fortias). C’est la fin du site de Mignot.

travailleurs

Le petit-fils de Georges Fayet le fondateur, reprend le flambeau en 1986, l’entreprise « Fayet Roger fils » est situé à Pont-de-dore (rue de Pezzaze), elle devient « SARL Fabrique de cannes Fayet » en 1988.

Aujourd’hui, l’entreprise  familiale est située zone artisanale de Bournat à Orléat.

En 2015, Amandine, 4é génération a pris la succession sous le nom « Sarl Cannes Fayet SE ».

Source : « La canne au pays du couteau » du musée de la coutellerie de Thiers.